Le moulinet PENN SPINFISHER VI 3500

Penn poursuit les améliorations sur sa série mythique des Spinfisher, le dernier en date est apparu en début d’année. Cette 6em version reprend les ingrédients qui ont fait sa renommée : solidité et puissance, avec un effort notable au niveau de l’étanchéité. Malgré cela je n’ai pas été emballé par cette nouveauté et j’ai relevé quelques défauts et approximations qui m’ont laissés perplexe…

 

Sur le papier ce nouveau Penn a tout pour plaire : Look sympa, solidité, étanchéité et surtout un nouvel engrenage qui donne un vitesse de récupération accrue (ratio de 6,2/1) sur les petits modèles, ce qui est pratique pour animer certains leurres de surface. Le prix est encore contenu pour cette marque célèbre car comme presque tous les fabricants, Penn fait désormais réaliser ses moulinets en Chine. Je n’y vois pas d’objection, si les contrôles qualité sont sérieux je pense que les Chinois bossent aussi bien que les Américains…

A la prise en main, même si l’objet est séduisant, on note tout de suite son poids plutôt élevé (342 g) et sa douceur toute relative. Normal, il est « Full metal body » (enfin pas tout à fait comme nous le verrons plus loin…). A part ça les finitions sont excellentes et l’alliance du noir mat et du doré apporte un certain cachet à la bête. Le pied en « Y écrasé » lui donne une touche… heu… futuriste dirons-nous. C’est pour mieux percevoir les touches mon enfant!

 

On notera sur mes photos l’absence du caoutchouc noir sur le moyeu de la bobine. C’est à dire qu’il a très mal supporté les tests de résistance de frein au peson… J’utilise en général une tresse de fort diamètre pour ces tests et elle a littéralement déchiqueté ce malheureux caoutchouc vers 10kg de frein… Pas très solide tout ça, c’est la première fois que ça arrive, même le Spartan qui est équipé du même procédé n’avait pas bronché…

Ce n’est pas très grave, j’ai mis à la place un bout d’adhésif noir, et puis de toute manière rien ne vaut un bon vieux backing en nylon pour ne pas voir sa tresse glisser sur le moyeu.

 

Sinon cette bobine est tout à fait correcte, avec des anneaux de marquages tout à fait inutiles (on voit mal quelle information ils peuvent apporter, on remplit de toute façon la bobine au maximum et l’usage des tresses multicolores fait qu’on connait à peu près la distance de fil sorti!) et des encoches façon Stella sur la jupe. Le cliquet de frein est audible, mais pas assourdissant. Line clip correct.

L’enroulement obtenu grâce aux nouveaux engrenages est parfait, Penn a fait des progrès notables de ce côté là :

Le frein est plus problématique. Toujours du « HT 100 » en carbone de bonne qualité mais c’est le rotor qui ne suit pas. Dommage car ce frein est très puissant, je l’ai poussé jusqu’à 12kg sans problème mais passé 8kg le galet du pick-up touche la bobine. Logique puisque le rotor est en plastique, pas en aluminium comme il est pourtant dit sur la notice! Donc ça ploie, ce n’est pas assez rigide. Ils ont d’ailleurs prudemment mentionné seulement 6,8kg de puissance de freinage sur le papier, alors qu’il aurait pu aller beaucoup plus haut… Cela reste malgré tout un excellent frein qui ne vous laissera pas en rade en cas de grosse prise.

 

Le système de fixation de la bobine sur l’axe aurait pu être mieux pensé et l’ajout d’un roulement à la place de la douille en laiton aurait mieux géré l’inertie du frein. Le cliquet bruiteur est sympa, en bon acier inox. 2 cales de réglage supplémentaires sont fournies mais elles ne sont pas vraiment utiles car déjà avec une seule cale vous avez un enroulement droit et si vous en rajoutez une vous aurez un enroulement conique pas spécialement utile avec les tresses.

Cet axe en inox marine mesure 4,5mm, d’excellente qualité.

Le rotor faiblard est néanmoins bien équilibré et le pick-up bien sécurisé, il ne s’est jamais rabattu en plein lancer. Ils ont amélioré le système de déclenchement en rajoutant un ressort à compression à l’intérieur du rotor pour freiner le pick-up lorsqu’il se referme et adoucir ainsi le choc. Pas indispensable mais fonctionnel.

Sinon le reste est plus classique, avec un ressort de pick-up solide et sans problème.

La ligne de galet fonctionne parfaitement, avec un roulement scellé qui a bien résisté à l’eau.

C’est d’ailleurs sur l’étanchéité que les efforts ont été porté sur cette nouvelle série, et ça commence dès le début avec un écrou de rotor particulièrement bien protégé.

Un premier joint sur le dessus, puis un second sous le rotor, et enfin une bague sur l’axe qui vient se loger sous l’écrou, à priori l’eau de devrait pas rentrer, ou alors c’est qu’elle est méchante l’eau!

L’anti-retour est également bien protégé par une succession de barrières bien positionnées :

Attention, ce joint en caoutchouc noir sur le collier de protection est quasi impossible à remettre en place à cause des tétons à gorges qui nécessitent sûrement un outil spécial. N’y touchez surtout pas si vous le démontez! J’y suis parvenu au bout d’1h d’efforts avec une aiguille courbée mais ce fut un vrai cauchemar!!

Un autre joint rouge au verso, avant l’anti-retour :

Le carter pour finir est lui-aussi rendu étanche par un joint qui en fait tout le tour :

C’est bien, sauf qu’après examen je m’apercevrais ensuite que ce joint est endommagé, il présente une coupure qui n’est pas de mon fait, j’ai été particulièrement délicat quand je l’ai retiré!

Enfin un truc qui ne sert complètement à rien : le cache en plastique à l’arrière du carter! Je me demande bien ce qu’ils ont voulu faire ici… Sans doute une protection anti-chocs.

J’ai donc procédé à des tests d’étanchéité poussé sur ce moulinet, avec immersion complète pendant plusieurs minutes sous 2m d’eau, en mer et en eau douce. Résultat : l’eau est vraiment méchante, elle a quand même réussi à passer toutes ces barrières pourtant bien pensées!!

Est-ce dû au joint de carter endommagé ou à une défaillance des autres joints, je ne sais pas… Toujours-est-il que l’anti-retour a été méchamment attaqué par la rouille, j’ai eu du mal à le nettoyer…

 

Pas très bon pour les rouleaux tout ça! Le reste s’en sort mieux mais des traces d’oxydation sont bien visibles sur les engrenages secondaires, roue d’oscillation et came :

La roue de commande, si elle n’a pas trop souffert de l’oxydation, n’est pas un modèle du genre. On nous dit qu’elle est usinée, c’est vrai, mais elle est d’abord moulée, puis la couronne seulement est usinée :

Il s’agit d’un alliage de zinc quelconque recouvert d’une peinture noire au verso, seul l’axe est en acier inox. Et cet axe vient se riveter de chaque côté sur la roue en la prenant en Sandwich, ce qui nous fait donc 3 pièces assemblées, c’est moyen pour la solidité et l’ajustage (le centrage)…

Le pignon est correct, il aurait gagné à être un peu plus large, ça aurait donné plus de couple aux engrenages :

Porté par deux roulements scellés, il n’a pas de jeu mais fonctionnerait encore mieux avec un roulement dans la gorge…

Si l’ensemble des engrenages étaient dans une configuration acceptable, tout ça baignait dans un océan de graisse bleue, typique de Penn : Alors je le dit haut et fort : TROP DE GRAISSE!!! Ça ne sert à rien et ça finira par durcir et encrasser les engrenages. Je râle souvent de ne pas voir une seule boulette de graisse sur les moulinets Chinois mais là trop c’est trop! Le mieux est souvent l’ennemi du bien…

Après nettoyage et regraissage soigné, c’est quand même un poil plus fluide!

Et justement au niveau fluidité ce moulinet est assez décevant. Pas mal de frottements se font entendre, en provenance surtout de la came et de la roue d’oscillation qui n’est pas portée par un roulement mais par une simple douille en laiton, et qui n’arrive pas à éliminer complètement la rugosité de la came qui frotte contre ses rails. Des roulettes auraient été les bienvenues!

La manivelle est solide mais la poignée est moche, quoique fonctionnelle. Pas démontable, il faudra y mettre une goutte d’huile de temps en temps.

Au cours des tests en conditions réelles, le Penn Spinfisher VI est un moulinet plutôt agréable, malgré tout ce que j’ai dit plus haut sur sa fluidité. Il lance bien, n’occasionne pas de perruques, et son frein est progressif et puissant. J’ai pris pas mal de brochets avec, malheureusement tous en dessous-de 60cm, donc comme d’hab le frein n’a pas été trop sollicité 😉 ! J’ai apprécié son enroulement de qualité et sa rapidité (94cm au tour de manivelle) et, si vous ne faites pas de plongée sous-marine avec, tout devrait bien se passer niveau étanchéité, je pense que sa résistance aux embruns est au-dessus de la moyenne. Son utilisation en mer ne pose pas de problème, l’eau n’est pas si méchante que ça finalement! Là où Penn à encore de gros progrès à faire c’est au niveau des frottements, il faudrait revoir complètement la conception de la came. Son prix reste raisonnable (surtout en ce moment où on le trouve soldé sur pas mal de sites) et ce n’est finalement pas un mauvais investissement si vous cherchez un moulinet solide mais pas trop sophistiqué capable de résister en mer. Je lui accorde donc un 12,5/20. Je n’ai pas examiné les modèles au-dessus, les engrenages sont peut-être différents sur les versions les plus lourdes. J’attends avec impatience le Spinfisher VII!

Texte et photos : Jean-Paul Charles

10 réactions sur “Le moulinet PENN SPINFISHER VI 3500

  1. Bonjour et merci Polo pour ce nouveau test. Finalement pas si mal que ça le Spinfisher, dommage que Penn ne fasse pas plus attention aux détails pour pourrait leur faire franchir un grand pas. La mesquinerie de deux roulements et un peu d’attention, l’aurait fait basculer vers les sommets.
    A méditer pour un prochain achat.

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  2. Bel article encore une fois.
    Je lorgnais sur cette bobine spinfisher qui paraît sympa sur le papier et in poil plus léger que le slammer III pour moins cher. Mais avec ces approximations et si l’étanchéité n’est pas au rdv je vais continuer avec le slammer III qui tourne et tourne comme une horloge mais bon dieu qu’il est lourd…Je pense qu’ ils possèdent des pièces communes mais je n’ai pas encore ressenti de problème hormis le poids et un frein très dur que seul les poissons de belle taille font parler.
    Merci encore pour ce test.

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  3. Salut Jean-Paul. Si tu le permets, quelques remarques complémentaires sur le Spinnfisher (j’ai la version V en 4500). Sur le 4500 version V, la came d’oscillation est équipée d’une roulette en métal coté gauche …….supprimée sur les version VI. Ce n’est pas ce qu’on peut appeler une amélioration !! Un autre point, sur le shematic du 4500 VI, en plus de la douille en laiton, on voit une rondelle sous le pignon secondaire d’oscillation (crosswind gear washer). Bizarre qu’elle ne soit pas sur ton 3500 ! Ceci étant dit, malgré son coté rugueux, ce moulin, au moins la version V, est très fiable avec un frein testé 10 kg, le rotor métal. Le mien me sert en exo light/moyen, en 50 livres, notamment sur les carangues et a déjà des centaines de kg de poisson à son actif sans broncher, à part quelques traces de frottement au niveau pignon secondaire et came, à bien graisser régulièrement. J’attend de voir ce que le Spinnfisher VII aura dans le ventre, en attendant je reste avec la version V (encore en vente et moins cher), et je suis tes conseils, je ne me baigne pas avec.

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    • Bonjour Jean-Pascal, Il y a en effet une rondelle très fine sous la roue d’oscillation du Spinfisher 3500, je ne l’ai pas montrée mais elle n’apporte pas grand chose niveau friction! Et je pense aussi que le rotor en métal n’apparaît qu’à partir de la version 4000, disons que Penn a voulu abaisser le poids de ses modèles light sans qu’on ne s’en aperçoive… J’ai toujours la version V en débrayable et le moulin marche toujours bien, grâce à ses « coefficients de sécurité » élevés! Bref, je voulais savoir ce que valaient ces nouveaux Penn légers, maintenant je sais. Ils ont un peu triché mais la qualité est quand même là. Comme je le dis en fin d’article, les modèles plus lourds sont sans doute plus costauds et véritablement « full metal »!

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  4. Bonjour, la roue de commande est donc en alliage de zinc amélioré et non pas en alu comme chez le Clash et le Slammer qui sont aussi plus chers. Sur un site américain de vente de pièce détachées de la marque Penn, on remarque que le set d’engrenage du Spinfisher VI est bien moins cher que celui du Clas,t celui du Slammer et même le set CNC pour l’ancien modèle le Spinfisher V

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    • Oui, le faible prix du Spinfisher VI s’explique en partie pour ça. Sa roue de commande est en Zamak moulé, puis usiné, ça ne veut pas dire que c’est mauvais mais ça coûte moins cher 😉 ! D’autre part l’appellation CNC n’est pas vraiment signe de progrès technique ultime… Cela fait déjà plus de 20 ans que toutes les pièces usinées dans l’industrie le sont par commande numérique, informatique oblige!

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  5. Bonjour Jean Paul ,
    Et merci pour ce énième retour d’expérience .
    Concernant la marque Penn , as-tu déjà testé un modèle vendu sur Aliexpress ?
    J’ai peut-être mal cherché sur ta page mais je n’ai rien vu .

    Au plaisir de te lire .

    Fab

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