Le moulinet DAIWA A 100 RL

 

Encore un moulinet Daiwa de la période « camelote » qu’on m’a donné et qui traînait dans mes cartons! Malgré tout quelques bonnes parties dans ce petit moulin bas de gamme des années 80, très similaire au Ryobi LX03 que j’avais examiné en 2015. Là encore rien de transcendant mais je l’ai examiné pour le côté « historique », et peut-être aussi que certains d’entre-vous en ont un qui rouille au fond du garage et veulent le remettre en route par curiosité…

 

Le A 100 RL est un modèle commercialisé en grand nombre dans les années 80, c’était le genre de moulinet qu’on achetait en supermarché au rayon sport, il ne devait coûter que quelques dizaines de francs. On le mettait dans le caddy en prévision des vacances à la mer, avec la canne en fibre de verre pleine qui allait avec… Ces genres de moulinet existent toujours mais ils sont Chinois désormais, et vendus sous blister!  D’un poids de 268g, c’était un moulinet destiné en principe à l’eau douce mais beaucoup ont vécu des aventures en mer, ce qui leur était en général fatal, comme celui-ci qui était grippé au dernier degré et sale comme un peigne! Après une petite toilette il est un peu plus pimpant mais le sel a laissé la trace de ses ravages.

 

Sur la semelle la mention « Korea », signe que Daiwa avait déjà commencé à délocaliser pour faire baisser ses coûts de production.

La bobine est en alu mais le vernis n’a pas résisté longtemps et la corrosion a fait son œuvre.

Le cliquet bruiteur est en plastique.

 

 

Le frein est plutôt pas mal, composé de 3 rondelles de plastiques (Téflon?) et la rondelle d’acier du milieu possède un petit ergot pour empêcher la pile de tourner.

 

Cette fois-ci on a affaire à une bobine enveloppante, plus de bol mais un rotor. L’ensemble est assez bien équilibré. Le pick-up se ferme de manière externe grâce à la butée placée sur le pied, ce qui explique la taille élevée du bras de galet.

Le galet est un peu mieux conçu que d’habitude et correctement lubrifié il tourne sous forte traction, c’est déjà ça!

Le ressort de déclenchement est un simple ressort « pince-à-linge ».

 

Le bâti est en alu moulé proprement: pas de bavures à l’intérieur.

 

Le carter et le mécanisme d’anti-retour à crémaillère. On voit qu’à l’emplacement de l’axe de la roue de commande un chemisage en laiton a été effectué pour atténuer les frottements. Ça ne vaut pas un roulement mais c’est mieux que le concept du Fario précédent (alu sur zinc).Un second chemisage en laiton à la sortie du pignon côté rotor, là-aussi pour atténuer les frottements.

Comme pour le Ryobi, le pignon en alu a été embouti sur le rotor (flèche rouge). L’extrémité du pignon en porte encore les traces. C’est un procédé courant sur les modèles bas de gamme mais la solidité n’est pas au rendez-vous, ,ni la précision de l’ajustage et le jeu fini par être important à la sortie du rotor.

Le tout est maintenu au bâti par une petite clavette en U, comme sur le Ryobi.

Le système d’oscillation est de type « biellette », mais comme on a un engrenage hypoïde et qu’il faut que le moulinet soit réversible droitier/gaucher, la bielle n’est pas maintenue par un ergot mais par un cerclage décentré autour de l’axe de la roue de commande. C’est exactement le même principe que sur le Ryobi.

Le Ryobi en comparaison:

La biellette est en acier vaguement traité, comme l’axe et maintenue sur celui-ci par une goupille, exactement comme le Ryobi. On voit que les frottements ont eu raison du faible traitement de surface.

 

 

Flèche rouge : fixation de la biellette.

Flèche bleue : Crans de l’anti-retour.

Il coûterait évidemment bien trop cher d’usiner ce type de pièce, elle est donc moulée en alliage de zinc basique. L’axe par contre est en laiton assez épais.Le verso avec les dents de la couronne.Ce système d’oscillation fonctionne bien mais génère beaucoup de frottements à cause de la surface de contact beaucoup plus grande qu’avec une roue d’oscillation classique à ergot. Disons que ça passe sur un petit moulinet mais c’est inenvisageable sur un plus gros, ou alors il faudrait améliorer nettement le système…

La manivelle repliable est en alu moulé et chromée, elle a perdu de son lustre mais elle se visse directement dans la roue de commande, son filetage est très large et très solide.

Si tout à été fait pour réduire les coûts au maximum en utilisant les procédés les moins chers et les plus rapides à mettre en œuvre, il n’empêche que ce moulinet est relativement solide pour un jetable, les pièces sont presque surdimensionnées et il n’y a que très peu de plastique. Si je le compare à un moulinet Décathlon actuel tel que le Bauxit, il est presque meilleur! Ci-dessous le « packaging » du Bauxit et son train d’engrenage:

Le Bauxit est sûrement plus fluide mais sa roue de commande, bien que frappée du sceau de Caperlan 🙂 , est plus faible et son bâti tout en plastique… Il y a 40 ans c’était indéniablement plus solide pour le même prix! Bon allez, je ne vais pas faire la fine bouche car ce genre de moulinet est fonctionnel et dépanne ceux qui ne veulent investir que le temps d’une saison dans du matériel de pêche, le Bauxit est tout à fait correct pour son prix. Comme l’était le Daiwa A 100 RL!

 

Texte et photos : Jean-Paul Charles

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2 réactions sur “Le moulinet DAIWA A 100 RL

  1. Bonjour Polo et merci pour ce nouveau voyage en arrière. J’ai pas eu à connaitre ce moulinet, mais la poignée vissée sur la roue de commande pour un tel moulinet, c’était quand même très bien. Beaucoup aujourd’hui devrait s’en inspirer.

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