Le moulinet FARIO F 9000

 

Voilà un moulinet qui était dans mes cartons depuis un bon moment. En fait il gisait en pièces détachées dans une boîte depuis deux ans avant que je ne me décide dernièrement à l’examiner de plus près, faute de chinoiseries à dépiauter ! Rien de bien extraordinaire si ce n’est son origine inconnue : c’est un modèle qui s’est bien vendu en France à la fin des années 70 mais quelle entreprise l’a vraiment fabriqué ? Mystère…

 

 

Le Fario n’existe à ma connaissance qu’en un seul modèle, bien que F 9000 suppose qu’il ait été décliné en des tailles supérieures ou inférieures. C’est un moulinet assez commun dans les brocantes ou les sites d’enchères, il ne vaut pas grand-chose. J’ai retrouvé sa trace dans un  catalogue de Manufrance qui date de 1979 :

D’un poids de 263g sur ma balance, il fait partie de l’immense  bataillon des imitations asiatiques de Mitchell qui fleurissaient à l’époque. Peint d’une couleur ocre jaune qui lui donne un vague aspect doré, il porte la mention « made in Japan » sur la semelle, mais est-ce vraiment une preuve qu’il a été fabriqué là-bas ? Sans doute, car à l’époque je le rappelle pour les plus jeunes,  made in Japan était synonyme de camelote, de produits bon marché à courte durée de vie, un peu comme les produits Chinois actuels… On sait ce qu’il est advenu par la suite. En quelques décennies, les produits Japonais sont devenus la référence mondiale en matière de pêche. Mais en 1979 on n’en était pas encore là et Mitchell régnait en maître absolu sur le milieu de la pêche de loisir.

Contrairement à ce qu’on pourrait croire à l’image, la bobine n’est pas en plastique mais en aluminium peint en noir. Elle dispose du procédé de changement automatique inventé par Mitchell : il suffit d’appuyer au centre du bouton de frein pour la retirer rapidement et la remplacer par une autre (flèche rouge):

. On voit que l’extrémité de l’axe possède les deux petites lamelles caractéristiques de ce système.

Le cliquet bruiteur en-dessous fonctionne bien, il est très sonore.

Il s’agit d’un modèle à bobine rentrante, le bol et le pick-up sont bien équilibré, pas de masselottes à l’intérieur.

Le galet est en laiton chromé, il ne tourne pas comme d’habitude avec ces vieux moulinets, tout doit être oxydé à l’intérieur et je ne me suis pas acharné à le démonter. Les ressorts du pick-up fonctionnent encore parfaitement.

Lorsque j’ai ouvert le carter pour la première fois, j’ai constaté que les engrenages étaient littéralement ensablés ! Un sable très fin qui s’était immiscé partout et que j’ai eu du mal à faire partir, il m’a fallu de nombreux bains de white spirit pour le faire disparaître! Ce moulinet a dû traîner longtemps en bord de mer et n’a probablement jamais été rincé… Une fois désensablé, on a finalement un train d’engrenage plutôt correct :

On nous annonçait un roulement sur le carter et c’est vrai, il y en a un à la sortie du pignon, plutôt bien placé donc.

C’est un roulement à cage ouvert, le sable a eu raison de sa douceur initiale mais il fonctionne toujours une fois correctement nettoyé et huilé.

La roue de commande est en alliage de zinc moulé, son épaisseur m’a surpris. Par contre pas de roulements pour la porter, elle repose directement sur l’alu du carter.

Le pignon est maintenu par le roulement et par une bague en alu. Il frotte ensuite directement sur la gorge du bâti, sans même une petite rondelle en laiton pour diminuer les frictions, c’est du brutal !

Le mécanisme d’anti-retour est plutôt bien pensé puisque c’est une rondelle crantée portée par le pignon qui est bloquée par un chien actionné par le bouton poussoir situé en haut du bâti. C’est finalement le même système que l’on retrouve sur les anti-retours de secours des moulinets mer haut de gamme.

La came est droite, le va-et-vient de l’axe est assez basique par conséquent. La roue d’oscillation repose aussi directement sur la bâti, beaucoup de frottements au final.

La manivelle est de type repliable, comme sur beaucoup de Mitchell d’époque. L’axe n’est même pas hexagonal mais carré! Il est maintenu par une vis de l’autre côté du carter.

Ce moulinet coûtait quand même presque aussi cher que le Mitchell 300, et entre les deux il n’y avait pas photo, le Mitchell était bien meilleur !

Reste à savoir qui a fabriqué ce moulinet. Je pencherais vers l’hypothèse Ryobi qui était vraiment basé au Japon à l’époque (Ryobi a depuis été racheté par un groupe Chinois) et qui commençait à exporter des moulinets vers l’Europe. C’est peut-être également un Daiwa, certaines pièces ressemblent à leurs anciens moulinets et le travail est propre. Si un lecteur a des renseignements sur le sujet je suis preneur !

 

Texte et photos : Jean-Paul Charles

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10 réactions sur “Le moulinet FARIO F 9000

  1. Bonjour Polo. Encore un joli retour en arrière avec ce Fario F9000. Je ne l’ai pas connu mais en revanche beaucoup utilisé les Mitchell 300; il était mon Graal quand j’étais jeune. Surpris d’apprendre que le système anti-retour du Fario est aujourd’hui présent sur les moulinets mer haut de gamme, comme quoi…

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    • C’est de l’anti-retour de secours dont je parle, comme sur le Ecooda Hornet (et les Saltiga et Stella SW) sauf que là c’est l’anti-retour lui-même! Mais c’est mieux de le mettre sur le pignon que sur la roue de commande comme sur le Mitchell 300, mécaniquement c’est plus solide.

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    • Il s’agit d’un homonyme! En fait le « Touchtout-Fario » a été fabriqué par la Société A.M.R vers 1954, et là il s’agit bien d’une fabrication Française. Il s’est aussi appelé « New-Djinn » et existait en noir. Le Fario de mon article est certainement un produit 100% asiatique importé par Manufrance… Merci quand même pour la photo, un moulinet entièrement en nylon est quelque chose de très intéressant je trouve!

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      • Il faudrait que je fouille dans mon gourbi … J’avais une canne BV Fario mort manié achetée début 90 … C’est une marque qui a totalement disparu

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      • Salut Jean Paul, Axel 😉 Je confirme pour le FARIO de chez TouchTout… AMR en est très surement le fabriquant ainsi que ses PMR auxquels sont souvent prêtées des ressemblances avec les LUXOR du début (1938-40) Les PMR sont des « bases » en alliage d’aluminium. Mon ami Pierre de Mayenne doit en avoir pas loin d’une cinquantaine, tous différents dont ceux en Nylon. Malheureusement, il me disait il n’y a pas si longtemps que la doc est extrêmement rare et à fortiori, les infos peu « chaleureuses ». La boîte existerait toujours mais à changé de « direction », les contacts de chez AMR ont été peu sympa et dédaigneux. Bref, ils en ont rien à fou…
        Pour ce qui est de ce moulin, je n’en sais pas plus, JP, tu connais mes orientations… alors pour ce qui est japan !!! je préfère rester en France, il y a assez.
        Par contre si tu as l’occasion de décortiquer un « frein AR » de chez Mitchell des années 80, tu verras que le système est identique allant parfois jusqu’à un seul cran (AR à une position 5540 RD Full Control par ex.) Le guidage de l’excentrique sur la paroi interne du boitier est aussi présente… qui a copié l’autre ???
        Axel, pour BV Fario je dois avoir 3 ou 4 cannes dont une que j’adore ; une mouche Andelle 3 de 9 pieds 1/2 achetée dans les années 70-72 avec laquelle j’ai pêché mes premières… Fario 😉 mais au toc !

        Aimé par 2 personnes

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