Vidange du barrage de Bimont

 

 

Suite à un important projet de rénovation, le barrage de Bimont situé au nord d’Aix-en-Provence est en cours de vidange. Un de mes terrains de jeu préféré va être à sec pendant deux ans, le temps de la durée des travaux. Je n’ai pas pu résister à la tentation d’y aller faire un tour (sans canne à pêche) pour voir ça de plus près et de prendre quelques photos des lieux où je pêche habituellement, avec 30m d’eau en moins ! Mes photos ne rendent pas vraiment compte de la beauté de l’endroit, mais je voulais garder un souvenir de ce moment unique.

 

 

Un lac de barrage à sec est toujours impressionnant : il y a un je ne sais quoi de lugubre et de fascinant, comme après une catastrophe naturelle. Les arbres morts et les berges désertiques s’étirent au soleil dans une odeur de vase et un silence étrange. J’avance prudemment sur les pentes boueuses et instables, j’ai l’impression d’être dans un autre monde !

Je retrouve beaucoup de leurres perdus dans les branches ou coincés entre deux pierres. Du souple et de la ferraille, dans des états de conservation varié ! J’en reconnais certains des miens, surtout des ondulantes… Tiens ? Je l’avais perdue ici celle-là ? C’était il y a longtemps !

Et il y a aussi bien sûr toutes les saloperies diverses qui ont été jetées au fond du lac. L’homme est un porc pour l’homme…

Et même un parasol!!

La vie n’est cependant pas absente, beaucoup de poissons sautent encore au fond du lac, bien qu’ils fassent malheureusement le régal d’un couple de cormoran et de quelques hérons. Les pauvres anodontes font ce qu’elles peuvent pour regagner les profondeurs mais la plupart périront… Les oiseaux viennent s’en repaître puis les renards et les sangliers à la nuit tombée. Pas de plan de sauvetage des anodontes hélas… Ni pour les écrevisses et tout le reste, pas assez médiatique en somme… Et je ne parle pas des herbiers de potamots qui avaient péniblement réussi à s’installer en bordure.

J’en profite pour faire quelques repérages, je comprends mieux pourquoi j’ai pris du poisson à tel endroit en voyant la configuration du terrain. Je découvre des arbres et des rochers qui feront de bons postes quand l’eau sera revenue. Beaucoup de petits murets en pierres sèches qu’on nomme « restanques » dans le coin sont aussi de très bons abris pour les carnassiers. J’essaye de prendre des repères pour plus tard… Sans illusions. Je me fais une carte mentale des lieux qui, je le sais, seront toujours aussi difficiles à pêcher une fois le niveau normal revenu !

Une pêche de sauvegarde a été effectuée au printemps, les poissons ont été capturés au filet puis relâchés ailleurs dans un « autre milieu aquatique adapté »… Où ? Je ne sais pas. Peut-être dans les étangs de la Durance. Il reste encore pas mal de poissons blancs et de petites perches, et sûrement quelques brochets et quelques sandres mais je vais les laisser tranquilles, il faudrait d’ailleurs que la pêche soit interdite pendant deux ans, ne serait-ce que pour des questions de sécurité, les rives sont vraiment dangereuses et extrêmement escarpées.

Les travaux vont durer jusqu’en 2019. Souhaitons que lors de la remise en eau, une politique de rempoissonnement sérieuse soit observée et qu’une garderie réellement efficace soit mise en place, car jusqu’à présent je n’ai pas rencontré beaucoup de représentants de la loi depuis 30 ans que je fréquente ce lac…  Par contre j’ai relevé de nombreuses infractions et beaucoup d’incivilités. Je ne suis pas pour le « flicage » des berges mais entre rien du tout et la sanctuarisation je pense qu’on peut trouver un juste milieu. L’introduction du black bass serait également pertinente, le biotope s’y prête bien, j’espère que l’APPMA d’Aix va y a réfléchir. Vous pouvez vous renseigner sur la nature et la durée des travaux sur le site de la Société du Canal de Provence.

 

Texte et photos : Jean-Paul Charles

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15 réactions sur “Vidange du barrage de Bimont

  1. Merci pour cette belle découverte. J’avais vu des photos du lac de Guerlédan où j’ai eu la chance d’y pêcher une journée et j’ai l’impression de le revivre dans cet article. J’adore ce côté découverte d’objets de pêche, parfois ils ne servent à rien, mais j’ai toujours l’impression de trouver un « trésor ». Dommage qu’il n’y pas plus d’attention apportée à la faune « abandonnée » sur les berges.

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  2. Merci pour le partage Polo! J’hallucine de le voir aussi nu.. et encore il va baisser. Ce beau lac encore « sauvage » nous dévoile ses cachettes, Tant de postes à métrés… à grosses tatanes. Comme dit Sim, une page se tourne, il ne sera plus comme avant, je suis optimiste, il sera encore mieux 🙂
    PS: Tu n’as pas vu le Sébile Glidder par hasard..?

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  3. Logiquement, peu de temps après la remise en eau, la population piscicole explose littéralement. C’est surtout le cas pour le sandre.
    Je dois voir le Président de la Fédé 13 dans quelques jours… Je vais lui demander ce qui est envisagé !

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