Le moulinet MITCHELL Riptide 7000

 

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Je profite de la pause hivernale pour démonter quelques vieux moulinets que j’ai achetés il y a une dizaine d’années, voire plus, en attendant de pouvoir examiner des nouveautés (ça va venir !). J’ai une tendresse particulière pour le Mitchell Riptide, vous verrez pourquoi en fin d’article. C’était un bon moulinet dans sa catégorie et le dernier Mitchell que j’ai acheté avant de passer à Shimano et autres…

 

J’ai donc acheté ce moulin quand je me suis sérieusement remis à la pêche au début des années 2000 et comme je n’avais pas les moyens à l’époque de me payer un bon Shimano, je m’étais rabattu sur ce Mitchell qui me semblait solide, bien qu’assez lourd. Il accuse en effet un poids de 705g sur la balance, ce qui ne m’empêchait pas de pêcher avec pendant des journées entières au lancer, ça me faisait les muscles ! Son esthétique est passable mais il ne coûtait je crois que 60€, ce qui avait fait pencher la balance en sa faveur. J’ai dû légèrement limer le pied à l’avant et à l’arrière pour pouvoir le fixer sur le porte moulinet de ma Diaflash…010022016012
La bobine, le frein et l’axe
La bobine en aluminium ajourée mesure 60mm de diamètre et elle est très épaisse. Toutes les bobines alu sont vernies pour les protéger de l’oxydation mais on voit qu’ici la qualité du vernis n’était pas fameuse. Je pêchais souvent en mer à cette époque, le sel a fait des ravages, surtout au niveau ou le fil s’arrêtait et où l’humidité avait tendance à rester.028023034196
Le bouton de frein ne se démonte pas et sa progressivité est faible, à cause d’un filetage assez court. Il possède quand même un ressort puissant.044046
La pile de frein se compose de 3 petits disques en feutre. Pour un moulinet de cette taille, c’est peu. Sa force de freinage ne dépasse pas les 6kg, écrou serré à fond. C’est dommage car correctement dimensionnés, ces disques auraient pu donner une puissance considérable, d’autant plus que l’axe de 5,8mm de diamètre l’aurait bien supporté. 2 cales de réglages sont situées sous la bobine.039049
Le rotor
En composite, ce rotor massif est équilibré par en dessous avec une grande masselotte en laiton, ce qui l’alourdi d’autant plus. Heureusement que l’équilibrage se fait maintenant par répartition des masses à l’aide d’un ordinateur ! Il est cependant solide et le mécanisme de déclenchement du pick-up également, il a résisté à deux ans d’utilisation intensive sans broncher et fonctionne encore parfaitement.161163173172
Le galet est porté par un roulement, à l’époque c’était un luxe qui commençait à se démocratiser…180
Le train d’engrenage151
Ce moulinet se démonte simplement pour l’entretien courant en enlevant les 4 vis du carter et après avoir retiré la plaque de protection en inox en dessous du bâti. Cette plaque est réellement utile et protège la coque des chocs.185 Pour démonter le reste, il faut commencer par désolidariser l’axe de la came d’oscillation, puis retirer le rotor.
On trouve enfin sur ce moulinet un anti-retour infini, c’était une nouveauté chez Mitchell qui se cramponnait jusque-là à son anti-retour permanent à 100 positions, système un peu archaïque qui avait fait son temps. Cela correspond aussi à l’époque où la société avait été rachetée par Pure Fishing, ce qui a permis aux moulinets de bénéficier des nouvelles technologies des autres marques du groupe. Une gorge en laiton est prévue pour le recevoir, c’est un poil curieux, logiquement les ingénieurs auraient pu simplement calibrer le bâti à la dimension de la cage.067091Cet anti-retour est de bonne qualité, à 8 rouleaux, mais avec le temps il a pris du jeu. C’est un des problèmes que l’on rencontre avec les ressorts en V, ils vieillissent mal… Mais c’est toujours mieux que le système de la crémaillère !085
Le bloc pignon/anti-retour est monté sur un seul roulement non protégé. A cette période c’était la norme et même sur les Shimano les roulements n’étaient pas protégés, ni scellés.076
Le pignon est de très bonne qualité, typiquement Mitchell avec ses dents hélicoïdales fines et mordantes.071
La roue de commande en aluminium moulé est très large et la finesse des dents s’adapte à la celle du pignon de façon très cohérente. On voit que le roulement droit est serti sur l’axe de la roue. On voit aussi qu’elle a subit une oxydation importante (la mer toujours…). Son taux d’usure est raisonnable.101107
Une partie de la roue a été alésée (l’ouverture triangulaire) et je pense qu’ils auraient pu aléser le reste et ne conserver que les rayons, histoire d’alléger un peu l’engin. C’est en tout cas un engrenage fort dont la qualité est indéniable et qui procure une grande puissance et une grande douceur de récupération au moulinet.112
Le système d’oscillation repose sur la came en S, là aussi une nouveauté pour Mitchell : fini les engrenages elliptiques ou planétaires, place à la mondialisation… La qualité est là tout de même : la came est très bien finie et la roue à ergot surdimensionnée, mais surtout la précision de l’ajustage qui est très fine, ce qui évite les frottements inutiles, si fréquents avec ce type d’engrenage. Un rail de guidage en haut maintien la came et renforce le contact des deux pièces.115121124
On voit que la roue à ergot est montée sur un simple palier en laiton, pourtant pas de frottement ou presque, ce moulinet a une douceur digne d’un Shimano ou d’un Daiwa, c’est remarquable.128147142055
L’enroulement croisé est correct, j’ai eu quelques perruques mais c’était surtout dû aux tresses de l’époque qui n’étaient pas de la qualité de celles qu’on trouve aujourd’hui.210
La manivelle est très simple mais la poignée ne se démonte pas. L’axe est de type hexagonal, il est maintenu par une vis du côté droit. Ce n’est pas le meilleur système mais c’est celui qu’on rencontre le plus fréquemment sur les moulinets d’entrée de gamme.191

 

Pour conclure, ce moulinet d’une solidité exemplaire possède un train d’engrenage plus pointu que bon nombre de modèles actuels et il est toujours en parfait état de marche. J’ai passé plusieurs saisons en sa compagnie, ce n’était pas un super lanceur et il pesait lourd mais il m’a permis de mettre à sec de nombreux poissons et surtout c’est avec lui que j’ai réalisé un mémorable doublé en septembre 2003:brochet métré99cm et 1,12m dans la matinée ! Pardonnez la qualité de la photo mais je n’avais pas un très bon appareil à l’époque. La preuve qu’il n’est pas besoin de 10kg de frein pour sortir des brochets métrés. Vous comprendrez aussi que sans être superstitieux, j’ai pour ce moulin un certain attachement… Je le conserve donc précieusement, il fait partie de mes souvenirs halieutiques !bec 2003

 

 

Texte et photos : Jean-Paul Charles

 

 

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