Le moulinet débrayable DAM QUICK SHADOW 535 XLFS

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Cela faisait longtemps que je voulais me racheter un débrayable pas trop cher pour pêcher au feeder ou en plombée, mais le problème c’est que la plupart des modèles sont prévus pour la carpe, donc assez lourds et qui dit gros moulinets dit grosse inertie au niveau de la bobine, ce que n’apprécient guère les poissons chipoteurs comme le sandre. Examinons de plus près celui-ci qui se veut « light ».

 

IMG_0819IMG_0820IMG_0822D’un poids de 297gr, ce moulinet a une fluidité correcte et il est esthétiquement réussit. DAM a une longue expérience des moulinets débrayables, la société a été une des pionnières en Europe à proposer ce type de moulinet, bien avant que les Japonais ne s’y mettent, c’est pour cela que j’ai choisi cette marque. Tous les moulinets débrayable sont à peu près conçus suivant le même principe, à savoir une came d’oscillation flottante permettant de libérer l’axe et de faire tourner la bobine sans frottement ou presque. Voyons comment tout cela fonctionne.
La bobine et le frein
Cette bobine « Shallow » est prévue pour recevoir des fils de faibles diamètres sans avoir à bourrer le fond d’un backing important et pour les pêches au feeder des petites espèces je trouve ça très bien. Elle peut contenir environ 120m de tresse 12/100. D’un diamètre de 54mm, elle est de bonne facture. On regrette simplement qu’il n’y en ait qu’une !IMG_0833
Le bouton de frein est très progressif, peut-être trop, comptez une bonne dizaine de tour d’écrou pour commencer à serrer le frein réellement. C’est dû au filetage assez fin de la tête de l’axe. Le frein est protégé par un joint en caoutchouc assez large, ça devrait empêcher les saletés d’y rentrer, pour l’eau je reste septique…IMG_0837
La pile de frein se compose de trois disques en carbone très larges et assez lisses. Très régulier, ce frein atteint 4kg de puissance maximum, ce qui est tout à fait satisfaisant vu que l’on s’attaque à des poissons de taille moyenne, mais ça vous laisse toutes vos chances en cas de prises plus grosses, carpes notamment. Je l’ai tout de même légèrement graissé pour lui donner encore plus de progressivité et diminuer l’inertie, mais tel quel il fonctionne parfaitement. Un très bon frein donc.IMG_0835
Le rotor
En composite, ce rotor est léger mais manque un peu de rigidité : à 4kg de frein, le bras du galet vient presque toucher la bobine. L’arceau de pick-up est assez épais, sans doute en aluminium creux.IMG_0788 Le ressort à compression est correct, mais il a été enduit d’une graisse brune et sèche que j’ai enlevée pour la remplacer par une autre de meilleure qualité. C’est d’ailleurs une remarque qui vaut pour l’ensemble du moulinet : manque de graisse et de mauvaise qualité.
Le galet est en titane, mais il est monté sur un palier et non un roulement hélas. Pensez à mettre une goutte d’huile de temps en temps. Ceci dit, il tourne correctement et il est surdimensionné, ça ne devrait pas poser de problème en eau douce.IMG_0791
L’écrou du rotor est lui aussi en titane, très léger donc. L’utilisation du titane tend visiblement à se démocratiser.IMG_0840
L’anti-retour
Un petit anti-retour à 8 rouleaux équipe ce moulinet. Correctement encapsulé dans sa cage il fonctionne sans problème. Aucun jeu pour l’instant, les ferrages seront efficaces !IMG_0731IMG_0732
Le train d’engrenageIMG_0720Les moulinets débrayables sont un peu plus complexes à démonter que les spinning simples, mais ils ont exactement les mêmes caractéristiques au niveau des engrenages. Je vais tenter de vous expliquer comment tout cela fonctionne en essayant d’être clair !
La roue de commande est en fonte d’aluminium, ainsi que le pignon, c’est un choix fréquent chez DAM que le « tout alu » pour les moulinets d’entrée de gamme. Pour le pignon quand même j’aurais préféré du laiton, c’est plus solide… Deux roulements portent la roue de commande et un seul pour le pignon, mais il n’est malheureusement pas protégé. Ce moulinet n’est pas fait pour aller en mer.IMG_0724IMG_0758On voit que la roue de commande est équipée d’une sorte d’étrier en laiton, je vous expliquerai ça en dernier car pour comprendre le mécanisme du débrayage, il faut commencer par l’axe.IMG_0778
Cet axe est donc maintenu à l’arrière par le moyeu d’une roue dentée fixée au cul du moulinet (flèche orange). IMG_0754Cette roue tourne librement quand le moulinet est en position débrayée, permettant à l’axe de tourner lui aussi. Par contre, en position embrayé, une petite pièce métallique en équerre vient s’intercaler entre les dents, empêchant l’axe (et la bobine) de tourner. Ci-dessous en en position débrayé, puis en position embrayé:IMG_0774

 

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Oui mais, comment faire pour que l’axe puisse quand même effectuer son mouvement de va et vient classique d’oscillation ? En effet, sur les spinning classique, la came d’oscillation est vissée directement sur l’axe, ce qui l’empêche bien évidemment de tourner. L’astuce consiste à positionner une came flottante. Sur l’axe, deux petites rainures permettent à cette griffe de se positionner de manière fixe tout en pouvant laisser tourner l’axe quand il est débrayé. La came d’oscillation qui coulisse sur l’axe elle aussi vient ensuite se visser dessus. De cette manière, elle peut jouer normalement son rôle tout en permettant à l’axe de tourner.IMG_0740IMG_0743La came en elle-même est de bonne qualité, en alliage de bronze:IMG_0761La roue à ergot qui l’actionne est montée sur un roulement, c’est une bonne chose pour éviter les frottements. En alu elle- aussi, elle est de bonne qualité.IMG_0752
L’enroulement obtenu est très bon, DAM étant le seul avec Daiwa à vraiment bien maitriser les subtilités de la came en S : pas de bourrelets disgracieux et une régularité sans faille malgré la relative étroitesse de la bobine, du bon boulot.IMG_0829
Comment se fait ensuite le ré-embrayage ? On a vu qu’un étrier était fixé sur la roue de commande : celui-ci actionne ensuite cette petite pièce en plastique noire (flèche orange) qui libère à la fois le ressort du levier extérieur et réenclenche la pièce en métal qui vient bloquer l’axe. Ainsi, en donnant un simple coup de manivelle, on retrouve la position initiale classique et le frein peut rentrer en action.IMG_0782IMG_0722 Cette pièce en plastique est donc capitale et il est dommage qu’elle soit en plastique justement…De l’acier inox ou du laiton aurait été préférable car il faut savoir que les moulinets débrayables sont plus fragiles, justement à cause de cette pièce en particulier : sil elle vient à casser, vous vous retrouvez au mieux avec un spinning normal, au pire avec un moulinet inutilisable.
A l’arrière du moulinet se trouve un frein secondaire qui sert à régler la tension de la bobine en position débrayée. J’ai toujours considéré que ce frein était superflu car à moins de pêcher dans des courants très violents, on règle toujours ce frein au plus faible de manière à limiter au maximum l’inertie de la bobine au moment d’un départ. Mon conseil : mettez une bonne dose d’huile sur les rondelles du frein de manière à atténuer ses effets, même lorsqu’il est réglé au minimum.IMG_0734 Une autre pièce que je trouve agaçante est le cliquet situé sur le carter, qui ne sert qu’à faire du bruit et qui ajoute un petit peu à l’inertie de la bobine. Je l’ai donc enlevé et, de la sorte, la bobine une fois débrayée tourne presque sans effort, ce qui évitera d’éveiller les soupçons des sandres tatillons !IMG_0786
La manivelle
L’axe est de type hexagonal, cette manivelle ne se visse pas dans la roue de commande. La poignée est scellée. Je la trouve trop petite par rapport au corps du moulinet, 1ou2cm de plus aurait été préférable.IMG_0796IMG_0797
Le test en condition réelle
Pour l’instant je n’ai testé qu’une fois ce moulinet lors d’une matinée de pêche aux vers en plombée et il m’a donné toute satisfaction. Je n’ai pris que des perchettes et des gardons ce jour-là, ils n’ont bien sûr pas fait tourner la bobine, mais j’ai pu constater que les lancers sont vraiment excellents et la récupération rapide.
Bien sûr, ce n’est pas une bête de pêche, mais pour le prix (autour de 80€) je trouve que c’est un débrayable intéressant par son faible poids, sa finition soignée, son frein très progressif et sa grande douceur de débrayage. Ses composants sont corrects et sa solidité acceptable mais je vous conseille de réviser le graissage, ou à défaut de mettre une bonne rasade d’huile dans le carter pour fluidifier l’ensemble. Je lui mets donc un 12,5/20 provisoire car je vais devoir le tester plus longuement cet automne sur les grosses perches et, je l’espère, les sandres, si j’arrive à les localiser ! J’en saurai plus alors sur ses capacités réelles mais je pense d’ores et déjà que c’est un moulin fiable.

IMG_0768Texte et photos : Jean-Paul Charles

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