Elever des vers de terre pour la pêche, suite…

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Je reviens cette semaine sur l’article que j’avais publié en mars « Élever des vers de terre pour la pêche », article qui m’a valu paradoxalement le plus grand nombre de visites et de commentaires sur mon ancien blog (plus de 10000 pages vues pour ce seul article !) afin de faire le point après plus d’une année d’élevage.
Tout d’abord une constatation : ça marche ! Ça marche même tellement bien que je ne sais plus quoi en faire… Je dois avoir plusieurs milliers de vers de toutes tailles dans mon bac, mais je note cependant que les gros spécimens (plus de 10cm) sont moins nombreux que les petits. La moyenne tourne autour de 5-6cm. Disons qu’il faut rechercher les plus gros en profondeur, ou la nuit quand ils viennent en surface.

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Question alimentation, je leur verse en ce moment une assiette d’épluchure de légume par jour, plus quelques fruits et légumes avariés, y compris des écorces de melon et de pastèque, des trognons d’épis de maïs etc… Ils mangent tout, sans laisser la moindre miette.
Je ne fais aucun arrosage, l’humidité des épluchures et le couvercle suffisent à maintenir la terre à un niveau d’hygrométrie satisfaisant. Humide, mais pas trop. Je recueille un verre de jus brun par semaine dans le récipient que j’ai placé en dessous de la poubelle.
En ce qui concerne l’efficacité de ces vers à la pêche, pas de soucis non plus ; J’ai pris quantité de poissons blancs (ablettes, gardons, brèmes, carpettes, chevesnes) et surtout quantité de perches petites et grosses à l’occasion de parties de pêche initiatiques avec mes enfants et mes neveux cet été. L’histoire du goût « répulsif » des vers de fumier est une légende. Je traquerai plus sérieusement les belles zébrées avec mes vers cet automne, quand il n’y aura plus d’alevins à gober et je prévois déjà des paniers pointus…IMG_4884
Passons maintenant aux inconvénients :drosophile                                                                                              Photo : Web

Le premier et non des moindres est l’apparition assez rapide des moucherons (des drosophiles en fait, la fameuse mouche du vinaigre ci-dessus), qui sont une gêne réelle en intérieur par leur nombre important. Vous aurez beau faire, vous ne parviendrez pas à vous en débarrasser même en mettant une moustiquaire sous le couvercle. La seule solution (à part le divorce…) est de mettre votre élevage dehors, sur un balcon ou, pour mon cas, dans un coin du jardin. Les drosophiles n’ont heureusement pas d’incidence sur la santé ni sur la croissance des vers, elles sont juste énervantes…

 

IMG_0588Autres parasites plus curieux, les larves d’Hermetia illucens (Stratiomyidae) ci-dessus, ou mouche soldat, qui ont l’aspect de gros asticots bruns de deux centimètres de long environ et qui vont apparaitre vers le mois de juin, sans vous demander votre avis.IMG_0594 L’adulte est une grande mouche noire allongée et inoffensive (ci-dessous). Originaire d’Amérique du nord, cette espèce a maintenant colonisé le monde entier. Les larves (inoffensives elles aussi) sont d’excellentes machines à composter et entrent donc en compétition avec nos vers de terre, il vaut mieux les éliminer si vous en trouvez en trop grand nombre. Elles auraient aussi tendance à acidifier le compost, ce que n’apprécient pas nos vers. Ces larves sont très utilisées outre-Atlantique pour le compostage, elles font l’objet d’un élevage industriel. J’ai essayé de pêcher avec, sans résultat…Il faut dire qu’elles sont assez coriaces, pas vraiment une friandise pour les poissons!Hermetia illucens                                                                             La mouche soldat adulte. Photo:Web

Vous trouverez aussi une microfaune peu ragoûtante de coléoptères et autres diptères minuscules, tout ce petit monde profitant de l’abondance de nourriture que vous distribuez, sans parler des bactéries variées qui prolifèrent à gogo… Bref, un conseil quand même : lavez-vous bien les mains après chaque récolte de vers !
Quant aux évasions, si elles ont bien diminuées grâce au truc du papier de verre, elles se poursuivent parfois vers le bas, certains téméraires arrivants à trouver le salut par le trou d’évacuation d’eau, mais compte tenu du nombre conséquent de sédentaires, c’est une perte négligeable.
Pour toutes ces raisons je laisserai donc mon élevage de lombric dehors cet hiver, je verrai bien comment il résistera au froid, mais dans ma région les périodes de gelées sont de courtes durées. Le plastique de la poubelle est un bon isolant, il est peu probable que les braves bêtes meurent. D’autre part la fermentation des matières végétale produisant de la chaleur, je continuerai à alimenter le compost en épluchures, même si les bestioles mangent moins. Je vous en reparlerai au mois d’avril.IMG_8526

Texte et photos : Jean-Paul Charles

2 réactions sur “Elever des vers de terre pour la pêche, suite…

  1. Nouveau retraité, je vais me remettre à la pêche. Je trouve votre blog super intéressant et je vais commencer par un élevage de vers de terreau. Merci et bonne continuation. Cordialement.

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